Latest news

Bioservo Technologies AB initiates research project to investigate the effect of using exoskeleton on the central nervous system

Rhino Tool House is revolutionizing manufacturing in the US with Ironhand 2.0

World’s first soft robotic muscle strengthening system. Developed in collaboration with leading Fortune 500 companies

Menu

En quelques années en France, les troubles musculo-squelettiques (TMS) se sont hissés au premier rang des maladies professionnelles. Selon l’assurance maladie, en 2015, les TMS ont représenté plus de 87 % des maladies professionnelles reconnues ayant entraîné un arrêt de travail ou une réparation financière en raison de séquelles. Un fléau qui coûte chaque année 1 milliard d’euros en cotisations aux entreprises et 10 millions de journées de travail perdu.


Ergonome et Manager de prévention chez Naval Group, Bernard Boulle évoque la démarche et les actions engagées.

Comment le champion français du naval de défense s’attaque aux TMS ?

Bernard Boulle : « Depuis toujours, Naval Group lutte contre les maladies professionnelles et les accidents du travail, notamment les accidents de la main. Deux principes de notre Politique Santé au Travail, le « zéro accident du travail » et le « geste bien fait », font converger la qualité du travail et la qualité de vie au travail, tout en préservant la sécurité des collaborateurs. Pour cela, nous développons de façon continue une ergonomie en situation de travail ».

« En 2014, nous avons réalisé une cartographie ergonomique de nos postes de travail. En parallèle, nous avons interrogé le terrain via un questionnaire sur les TMS. Nous avons reconduit ces études en 2017 et 2020. Cela nous donne une vision sur les contraintes de chaque poste et sur les troubles musculo-squelettiques des membres inférieurs et supérieurs ».

Quelle suite avez-vous donnée à ces évaluations ergonomiques ?

Bernard Boulle : « Dès 2014, nous avons mené des actions ciblées sur le dos, puis sur les membres supérieurs. En 2017, nous avons affiné et développé une centaine d’actions. Pour les situations de travail où nous n’avions pas de solutions directement accessibles techniquement et financièrement, nous nous sommes penchés sur une solution émergente et innovante, les exosquelettes ».

« Nous avons testé plusieurs types d’exosquelettes de plusieurs fabricants, pour les travaux bras en hauteur, les manutentions de charges et les travaux avec manipulation d’outils lourds et générant des vibrations. ».

Qu'en est-il du gant bionique Ironhand® ?

Bernard Boulle: “Yes, we have been testing it since 2019 for metalworkers. Among other things, the metalworkers hits metal sheets with a sledgehammer to form up the metal parts and during welding and deformation operations. We evaluated the usefulness of this glove for hammering operations, already the first tests were positive. Next, we assessed the impact of the glove on operators' vibration exposures. To our surprise, we measured a very large gain on the vibration levels for the use of the glove with the sledge hammer and a lesser degree for the use of the pneumatic needle gun. We still have to do further tests to validate these measurements.”

Quels opérateurs utilisent ce gant et pour quelles tâches ?

Bernard Boulle : « Deux opérateurs utilisent le gant Ironhand®, un pour des opérations de dressage à la masse, l'autre pour de la manutention de pièces lourdes, de 5 à 10 kg. C’est un apport important. De tous les exosquelettes que nous avons testés, le gant bionique est le seul dispositif qui a immédiatement enthousiasmé tous nos opérateurs et tous ont voulu le tester. C’était la première fois qu’un exosquelette connaissait un tel accueil parmi nos équipes.

Cet engouement s’est confirmé lors des essais. Le gant est vraiment efficace, il apporte déjà et apportera un gain important pour nos opérateurs au niveau des contraintes musculo-squelettiques, non seulement au niveau de la main mais aussi au niveau des membres supérieurs. Il est facile à enfiler et à utiliser une fois bien réglé. Cela demande un peu de temps et d'apprentissage, mais les opérateurs sont satisfaits du résultat.

Nous avons aussi testé le gant pour du dressage au marteau pneumatique, mais nous avons rencontré des difficultés avec les capteurs du gant. Une difficulté qui devrait disparaître avec la nouvelle version du gant sortie en juin dernier ».

Quelle est la pratique du gant Ironhand® sur vos sites ?

Bernard Boulle : « Nos dresseurs portent ce gant selon leurs tâches. S’ils n’en n’ont pas l’usage, ils le retirent. En général, ils l’utilisent une à deux heures. Surtout, ils l’utilisent lorsque le bénéfice est supérieur au coût du portage de l’exosquelette. Il faut donc que l’équipement soit suffisamment flexible pour que l’opérateur puisse faire de la frappe à la masse comme d’autres tâches annexes, sans gêne. Ce qui est le cas avec le dispositif Ironhand®, facile à mettre, léger, qui ne limite pas les mouvements et est suffisamment compact pour accéder à des navires militaires souvent exigus ».

En plus de soulager vos opérateurs, constatez-vous des gains d’efficacité ?

Bernard Boulle : « Nous avons effectués des premières mesures. Par exemple, au niveau de la réduction des vibrations, les gains sont de 9 m/s2 avec le gant Ironhand®, ce qui est énorme pour des opérations de frappe à la masse. Nous allons valider ces résultats avec de nouvelles mesures. La crise sanitaire a suspendu nos tests, il nous faut davantage de temps d’utilisation du gant en production pour valider nos résultats dédiés aux TMS. En parallèle, les médecins du travail de Naval Group vont réaliser un suivi des opérateurs utilisant certains exosquelettes ».

Qu’attendez-vous du gant Ironhand® 2.0 ?

Bernard Boulle : « Nous suivons de très près les évolutions du gant de Bioservo. Avec la V1, dotée de cinq capteurs, un au bout de chaque doigt, le manche du marteau en main, on peut perdre la lecture d’un ou de plusieurs capteurs. La nouvelle version du gant est équipée de huit capteurs, un sur la première phalange de chaque doigt, un sur la deuxième phalange de l’index et du majeur de chaque doigt, plus un capteur dans la paume. Ces améliorations nous intéressent fortement, nous allons pouvoir mieux travailler. Nous sommes également attentifs à l’intégration de l’intelligence artificielle dans le traitement des données recueillies par le gant. L’utilisation du gant requiert un réglage fin, ce qui demande un suivi, des ajustements et des allers-retours avec l’opérateur. Avec l’IA, nous espérons réduire le temps de réglage et une meilleure efficacité de ces réglages. C’est essentiel de pouvoir accorder le plus justement possible les capacités du gant aux besoins de l’opérateur.

Une autre évolution intéressante de la V2 est la possibilité d’utiliser l’exo-gant comme un moyen de mesure pour évaluer plus précisément l’exposition aux efforts de nos opérateurs ».

Quel a été le facteur clé d’adoption des exosquelettes par vos opérateurs ?

Bernard Boulle : « L’acceptation de l’exosquelette est cruciale. Elle a beaucoup évolué sur quatre ans au sein de Naval Group. En 2018, lors de nos premiers essais, l’acceptation était faible et le collectif plutôt sceptique. Ces premiers exosquelettes étaient lourds, encombrants, imposants. Leurs porteurs se comparaient à Robocop ! Cela a duré quelques mois. Aujourd’hui, nos opérateurs connaissent et s’intéressent aux exosquelettes. Nos sous-traitants sont également curieux. Nous leur avons fait découvrir les modèles en test chez nous et nous leur partageons nos retours d’expérience ».

Comment déployez-vous les exosquelettes sur vos sites ?

Bernard Boulle : « Le gant Ironhand® est en fin de parcours de validation pour les dresseurs. Les postes de chaudronnier, mécanicien et la manutention sont à l’étude. Pour le déploiement d’exosquelette, nous ciblons les populations à plus fortes contraintes et les plus sujettes aux TMS des mains et des membres supérieurs. Nos objectifs, ce sont le maintien en poste, la diminution des accidents et des troubles musculo-squelettiques. C'est aussi l'accessibilité des femmes à l’ensemble de nos postes et une diffusion de l'innovation au plus près de nos collaborateurs sur les sites de production. Enfin, ces nouveaux outils renforcent l'attractivité de l'entreprise sur des métiers en tension ».

Quel est l’avenir des exosquelettes au sein de Naval Group et au-delà ?

Bernard Boulle : « Le maintien en poste est essentiel. Nous constatons que même en améliorant nos conditions de travail, nos outils et notre organisation, des situations de travail difficiles perdurent. Les exosquelettes font partie des solutions qui peuvent permettre aux opérateurs d'avoir une meilleure qualité de vie au travail.

Dans un second temps, quand les exosquelettes proposeront un niveau de performance suffisant, nous pourrons les intégrer aux postes de travail en tant qu’outil et non en tant que dispositif pour diminuer les contraintes. Nous en sommes proches, les fabricants innovent en permanence et les produits de demain seront encore plus performants. Prenons le gant Ironhand®, ses évolutions techniques sont intéressantes et leurs projets de développement sont prometteurs. Pour plusieurs de nos métiers, ce gant va permettre de réduire les contraintes physiques et d’atténuer la pénibilité de certaines tâches.

Au-delà de Naval Group, et même au-delà du monde industriel, les nouvelles générations d’exosquelettes pourront contribuer à améliorer le confort et la qualité de vie d’une grande diversité de populations, comme les personnes en situation de handicap et les personnes âgées ».



Contact us
Newsletter